La dévoration numérique

Réseaux sociaux, info en continu, loisirs, e-commerce… Sous l’impulsion des géants du web, les Gafam, le numérique a changé nos vies et nos relations. Il sʹapprête à envahir nos corps: la femme et l’homme « augmentés » que nous promettent les transhumanistes seront bourrés de technologies. Un débat éthique est nécessaire pour remettre lʹhumain au centre et le numérique à sa juste place.

Le numérique nous a-t-il déjà dévorés? Un entretien avec François Ansermet et François Forestier

Pour en parler, je reçois sur RTS-La 1ère les Dr. François Ansermet, professeur honoraire de pédopsychiatrie aux université de Genève et de Lausanne et Dr. François Forestier, médecin hématologue, coauteurs de « La Dévoration numérique » (éd. Odile Jacob).

Ecouter l’émission sur le site de l’émission Egosystème ou en cliquant sur le lecteur ci-dessus.

Cet entretien a été diffusé pour la première fois sur RTS-La 1ère le samedi 26 février 2022.


Si vous avez des enfants, vous vous inquiétez peut-être des heures qu’ils et elles passent sur TikTok, sur Snapshat ou sur leur jeu vidéo. Si vous n’avez pas d’enfants, et même si vous en avez, peut-être que vous vous interrogez sur le temps que vous passez, chaque jour, derrière vos écrans, votre attention capturée par telle ou telle appli.

Adultes, enfants, on est toutes et tous contrôlés par les outils numériques. Et c’est bien normal: c’est pour ça qu’ils ont été conçus… Pour capter notre attention. Des armées de neurologues et de stratèges en marketing travaillent pour Google, pour Apple pour Facebook pour pirater notre cerveau. Et ça marche. Parce que sur les réseaux sociaux, c’est comme au casino. Tout y est conçu pour nous rendre accros. Dès qu’on reçoit un like sur Instagram dès qu’on voit grandir notre nombre de followers sur Twitter, le circuit de la récompense est activé dans notre cerveau. On reçoit une décharge de dopamine… Et on en veut encore.

On est devenus addicts aux signes d’approbation sociale. Mais il y a autre chose. Plus on passe de temps à cliquer, à scrowler, à liker, plus les géants du web connaissent nos attentes, Et nous proposent des pubs hyper personnalisées. Pour nous permettre d’acheter en un clic tout ce dont on n’a pas besoin. Bienvenue dans l’ère de la captologie, cette science qui utilise la technologie comme outil de persuasion.

Est-ce qu’on doit pour autant se priver de numérique? Il faut quand même bien reconnaître que le mouvement Black Lives matters ou la vague MeToo
parmi plein d’autres, ont déferlé grâce aux réseaux sociaux qui peuvent donc aussi devenir des espaces salutaires de rassemblement et d’expression.

Alors… maîtrisons-nous encore le numérique, ou le numérique nous a-t-il déjà dévorés? C’est le sujet de cet Egosystème, avec les coauteurs de « La Dévoration numérique » (éd. Odile Jacob), les docteurs François Forestier, médecin hématologue et François Ansermet, professeur honoraire de pédopsychiatrie aux université de Genève et de Lausanne.


Image d’illustration: Chez Alcha, à Santiniketan (Bengal Occidental, Inde), un soir de janvier, le numérique s’invite en terrasse… © Samuel Socquet, 2011.

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